LES BOUVIERS BERNOIS DU LOUP ENDORMI
  La reproduction
 

 L’INSEMINATION ARTIFICIELLE

L’insémination artificielle, réalisée pour la première fois par l’abbé Spallanzani en 1780, est devenu un acte courant dans l’espèce canine.

L’insémination artificielle est un terme générique qui regroupe trois types d’insémination : l’insémination en semence fraîche (IAF), l’insémination en semence réfrigérée (IAR) et l’insémination en semence congelée (IAC).

Chacune de ces techniques présentes des indications et limites différentes. L’IAF nécessite souvent peu de compétence, elle est réalisable dans le vagin par tout vétérinaire ou par l’éleveur lui-même s’il est le propriétaire du couple de chiens. L’IAR et l’IAC, pour être efficaces demandent une compétence technique nettement supérieure, leur réalisation est réservée à des vétérinaires ayant réalisés une formation postuniversitaire spécifique et détenteur d’un matériel adapté.

Insémination en semence fraîche 

La semence du mâle est prélevée puis directement déposée dans les voies génitales de la femelle après contrôle de la semence. La plupart du temps le dépôt est dans le vagin, quelques vétérinaires peuvent proposer un dépôt dans l'utérus (plus de chiots statistiquement)

Indications :

      - Mâle inexpérimenté n’arrivant pas à saillir la femelle

      - Femelle n’acceptant pas d’être saillie par le mâle choisi : comportement dominant de la femelle (chow-chow, malinois, …), incompatibilité de partenaire.

     - Manque de libido du mâle : climat très chaud, mâle intimidé par la femelle (agression antérieure), comportement sexuel plus ou moins racial (Basset Hound, Mastiff, etc.)

     - Douleur orthopédique : arthrose, tendinite, ancienne hernie discale, mâle très lourd

     - Difficultés anatomiques pour une saillie : vulve étroite ou barrée (repli de peau du périnée recouvrant la vulve), rétrécissement vestibulaire, bride vaginale, pénis très large ou dévié.

     - Sanitaire : protection du mâle par une absence de contact avec la femelle. La femelle n’est pas vraiment protégée, la semence pouvant véhiculée la plupart des agents infectieux transmissibles par voie vénérienne.

    - Confort des propriétaires : de nombreux propriétaires seuls ne veulent pas prendre de risque d’accident de saillie, surtout sur les races géantes : agression mâle/femelle, séparation accidentelle avant la fin du coït (risque de fracture de l’os pénien, risque de déchirure vaginale). 

 Remarque : 

La plupart des malformations vaginales empêchant la saillie ne sont pas héréditaires, elles ne sont donc pas des critères de non sélection. Une incompatibilité de caractère rendant la saillie impossible est fréquente. En général, la chienne accepte sans anxiété réelle l’insémination. Ceci ne présage en rien de son caractère maternel. Il est toujours préférable de réaliser une insémination dans le « calme » que d’essayer de « forcer » la saillie.

Limites : Le dépôt de la semence dans les voies génitales femelles doit être réalisé dans les minutes qui suivent le prélèvement. Il n’est pas possible de la transporter en l’état pendant plus de 20 minutes (mort des spermatozoïdes) - Collection du mâle impossible. Il faut habituer le mâle au prélèvement.

Résultats : Les résultats sont égaux ou supérieurs à une saillie naturelle. Lorsque l’insémination est réalisée au bon moment, voir suivi de chaleur, le taux de gestation est identique à la saillie de l’ordre de 90%. Si la semence est de qualité moyenne à mauvaise (chien vieillissant, ancienne affection génitale…).

L’insémination directement dans l’utérus 

Elle apporte des résultats nettement supérieurs à la saillie naturelle. Il en est de même en cas d’inflammation du vagin (vaginite).

Un dépôt de semence de qualité directement dans l'utérus augmente en moyenne le nombre de chiots .La technique est plus sophistiquée et plus onéreuse (voir infra) mais celle-ci est en générale largement rentabilisée par une prolificité maximale.

Technique : Prélèvement de la semence du chien Il est toujours recommander d’utiliser du matériel de collection stérile (au moins propre) afin d’éviter tout risque sanitaire pour la chienne.

La semence devrait être systématiquement inspecté au microscope, surtout si le mâle ne s’est pas reproduit récemment ou est vieillissant. Ceci permet d’évaluer la qualité de la semence, deuxième cause de non gestation ou de faible taille de portée chez la chienne, et de dépister une affection génitale débutante ou déjà installée.

Insémination intra-vaginale : La semence peut être déposée dans la partie antérieure du vagin, technique classique et facile réalisable par l’éleveur (si propriétaire des deux chiens) ou le vétérinaire praticien. Différentes sondes existent (Osiris®, etc.). Les pattes sont surélevées pendant 10 minutes après l’insémination.

Insémination intra-utérine :

Seules les techniques décrites ci-dessous permettent un dépôt de semence dans l'utérus.

La semence peut-être déposée directement dans l’utérus. Elle n’est en général pas nécessaire avec une semence de bonne qualité et une chienne saine (absence de vaginite). La technique est complexe, elle nécessite une expérience importante du vétérinaire et un équipement spécifique : sonde norvégienne ou vidéo-vagin scopie pour insémination. La technique chirurgicale existe mais elle est très invasive et ne donne pas de meilleurs résultats (sauf intra-tubaire, non réalisable en pratique de routine).

 Les deux techniques sont indolores pour la chienne, la vidéo-vagin scopie permet au propriétaire de voir « en direct » le dépôt de semence dans l’utérus. L’insémination intra-utérine diminue par 10 le nombre de spermatozoïdes nécessaires, permet de shunter le vagin (premier filtre aux spermatozoïdes).

Insémination en semence réfrigérée

La semence de chien supporte en général très bien le froid modéré (4°C) si la semence est conservée dans un dilueur adapté. La semence diluée et réfrigérée peut survivre plusieurs jours dans de très bonnes conditions. 

Indications : Echange de semence à travers l’Europe ou du nord au sud de la France : plus économique qu’un déplacement pendant plusieurs jours. - Male indisponible les jours idéaux pour la saillie : la semence réfrigérée peut être stockée dans de bonnes conditions pendant 2 à 5 jours en fonction des techniques de réfrigération utilisées.

Limites : Semence de mauvaise qualité - Transport hors Union européenne

Résultats : Les résultats sont équivalents à une saillie naturelle (ou insémination en semence fraiche) si et seulement si :

  - La semence est correctement réfrigérée et transportée. 

  - Un suivi de chaleur rigoureux (progestérone +- échographie ovarienne) détermine le jour de l’ovulation et donc le moment idéal d’insémination (2 à 3 jours post-ovulation)

  - L’insémination est réalisée dans l’utérus. Une insémination dans le vagin donne des résultats médiocres

Technique : Réfrigération de semence :

La semence est prélevée en séparant les trois fractions. Uniquement la fraction spermatique (deuxième) est mélangée dans un dilueur pour semence canine. Un spermogramme doit toujours être réalisé (quantité de spermatozoïdes, mobilité, anomalies). La semence est expédiée par des transporteurs conventionnels dans des boites dédiées à cela : peu coûteux. L’insémination est réalisée dans l’utérus : sonde norvégienne ou vidéo-vaginoscopie.

Remarque : la réfrigération et l’insémination doivent être pratiquées par un vétérinaire agréé par la SCC suite à une formation postuniversitaire spécifique.

Insémination en semence congelée

La semence de chien peut-être congelée dans de l’azote liquide (-196°C).  La semence peut-être ainsi conservée pendant des décennies sans aucune altération au cours du temps.

Indications : Mâle géographiquement très éloigné (d’un continent à un autre)

Mâle décédé ou devenu impropre à la reproduction (castré, malade…). La chienne est inséminée à l’aide de semence stockée dans une banque de sperme à l’étranger ou en France (CRECS à Toulouse, CERCA à Paris, CERREC à Lyon, ENVNantes).

Limites : La chienne doit être fertile, absence d’anomalie connue et la semence congelée de bonne qualité. Un suivi de chaleur rigoureux et une insémination intra-utérines sont obligatoires.

Résultats : Les résultats, bien qu’inférieurs aux deux techniques précitées, sont bons (50 à 70%) si des règles techniques sont respectées.

Technique : Détermination précis du jour de l’ovulation par suivi de chaleur : les spermatozoïdes ne survivent que quelques heures une fois décongelées

Insémination uniquement par voie intra-utérine : vaginoscopie ou technique scandinave, chirurgie à éviter dans la mesure du possible

Utilisation de semence de bonne qualité et en quantité suffisante : > 120 millions spermatozoïdes mobiles par insémination. Une quantité insuffisante de semence réduit fortement les résultats.

Remarque : la congélation de semence doit être réalisée dans une banque française agréée (CRECS à Toulouse, CERCA à Paris, CERREC à Lyon, ENVNantes) ; l’insémination doit être pratiquée par un vétérinaire agréé par la SCC suite à une formation postuniversitaire spécifique de 2 à 5 jours.

Lexique : Dilueur : mélange préparé pour la semence de chien permettant sa conservation à 4°C ou dans l’azote liquide

 

LA SAILLIE NATURELLE 

 

Que ce soit à titre d'éleveur professionnel/amateur ou en simple possesseur de chien,

La reproduction est toujours une période délicate.

Il faudra tout d'abord faire confirmer votre chienne par un expert ou juge lors d'une exposition, si ce n'est pas déjà fait. Votre chienne sera alors inscrite au L.O.F. (Livre des Origines Français). Le mâle devra également être confirmé.

Un certificat de saillie devra être rempli et signé au moment de l'accouplement par les propriétaires des deux chiens. Il devra être envoyé sous 4 semaines à la Société Centrale Canine pour que les chiots puissent être reconnus et avoir un pedigree (certificat de naissance).

De plus le mâle et la femelle devront avoir effectué les radios des hanches et des coudes avec lecture officielle du club de race.

Quand a lieu la reproduction ?

Les femelles sont habituellement en chaleur tous les six mois, mais l'intervalle peut être plus court ou nettement plus long. Chez certaines races, la chienne n'a qu'une saison de chaleurs par an. Les chaleurs sont parfois irrégulières, mais rien d'anormal à cela. L'ensemble du phénomène dure environ trois semaines. L'âge idéal pour faire saillir une chienne se situe à la deuxième ou troisième saison de chaleurs. Le meilleur moment pour la saillie se situe habituellement le douzième jour après les premiers écoulements sanguins, c'est pourquoi il est important d'être attentif et de ne pas manquer le tout début de l'œstrus. Certaines femelles sont prêtes pour l'accouplement plus tôt ou plus tard, et la meilleure période se situe un ou deux jours après qu'elle soit décidée à accepter le mâle. Elle montrera qu'elle est prête en tenant sa queue de côté et en écartant légèrement les pattes, comme pour supporter le poids du mâle. Si vous ne pouvez déterminer avec certitude quel est le jour idéal, votre vétérinaire vous aidera en effectuant une série de frottis vaginaux, car les cellules du vagin changent d'aspect au fur et à mesure de l'œstrus.

Le dosage de progestérone : La chienne sécrète cette hormone juste avant l’ovulation. Sa détection dans le sang permet donc de savoir que l’ovulation est très proche. Il existe un seuil de progestérone à partir duquel l’ovulation est certaine. Dès que le seuil est dépassé, la chienne doit être saillie dans les 48 heures. La période de gestation (c'est-à-dire le temps nécessaire aux chiots pour se développer dans l'organisme maternel) est de neuf semaines. Cependant, une gestation de soixante à soixante-dix jours n'est pas rare, et les chiots peuvent naître avec une semaine d'avance ou de retard. Comme nous l'avons déjà mentionné, les femelles non saillies, ou non fécondées, traversent souvent une phase de grossesse nerveuse qu'il faut déceler rapidement et soigner. Les femelles entrent régulièrement en chaleur tout au long de leur existence. Les signes de l'oestrus sont cependant de moins en moins marqués avec l'âge. Elles ne connaissent pas de ménopause comme la femme.

La femelle 

Il est conseillé de ne faire procréer une femelle que si elle a moins de 6 ans et plus de 24 mois. Avant la saillie, la femelle doit être en bonne condition physique, sans pour autant présenter un excès de poids. Elle doit être vaccinée, traitée contre les vers, les puces. Si vous avez des doutes quant à sa santé, faites faire un examen par votre vétérinaire. La grossesse et la lactation, parfois douloureuse, certaines maladies ou défauts peuvent être transmis aux chiots. La dysplasie de la hanche et des coudes, sont parfois transmises par voie héréditaire. Certains autres troubles comme une forme de cécité, appelée "atrophie centrale progressive de la rétine", ainsi que l'hémophilie, qui se traduit par un faible pouvoir coagulant du sang, sont des maladies héréditaires d’où la nécessité de ne pas faire reproduire des chiens atteints, et de faire la lecture officielle avant toute reproduction.

Le mâle 

Un bon mâle reproducteur doit présenter d'autres qualités qu'une bonne santé. Il doit, avoir bon caractère, être confirmé, radiographié et ne présenter aucun défaut susceptible d'être transmis génétiquement. Si on recherche un étalon de qualité, il faut envisager d'avoir à se déplacer. Les éleveurs recherchent les meilleurs pedigrees pour leur reproduction, et certains animaux d'exposition sont obtenus par croisements en consanguinité : entre père/fille, mère/fils, demi-frère/demi-sœur. Cette opération donne de bons résultats lorsqu'elle est réalisée par une personne qui connaît bien les animaux et leurs antécédents, et qui reste consciente du risque d'obtenir des chiots présentant des défauts héréditaires. Néanmoins, il est préférable d'éviter les croisements entre lignées proches.

 

Démarches administratives AVANT la saillie

 

En France, il est nécessaire de faire une déclaration de saillie auprès de la S.C.C. Vous pourrez vous procurer le formulaire auprès de cet organisme. Vous obtiendrez en retour le formulaire vierge de déclaration de naissance et le formulaire vierge de déclaration de portée qu'il faut renvoyer après l'accouchement pour obtenir le pedigree provisoire de chaque chiot.

 

Accouplement et gestation

 

Lorsque vous pensez que votre chienne est prête pour la saillie, il est préférable de l'emmener au mâle plutôt que de faire venir ce dernier. Les mâles sont, en effet, souvent plus désorientés que les femelles si on les transfère dans un endroit inconnu. Ne vous inquiétez pas si la saillie est précédée de quelques préliminaires : c'est tout à fait normal. Il est préférable que le mâle ou la femelle se soient déjà accouplés auparavant, car deux animaux inexpérimentés risquent de jouer pendant des heures sans jamais en venir au fait ! Il ne faut pas non plus les laisser seuls trop longtemps, au cas où la femelle attaquerait le mâle. Bien que cela se produise peu, un jeune étalon peut-être découragé de la saillie s'il est blessé par une femelle qui repousse ses avances. L’accouplement dure environ 20 mn ou plus. Ceci est dû à une particularité anatomique du pénis du mâle, qui présente un renflement terminal de 5 à 7,5 cm au niveau du gland. Cette partie du pénis est retenue par les muscles vaginaux de la femelle, si bien que les animaux ne peuvent se séparer. C'est ce que l'on appelle "le verrouillage". Les éleveurs attachent souvent une grande importance à la durée de cette phase, mais sa durée (même de cinq minutes) n'influe pas sur les chances de fécondation. Dans certains cas, il y a même conception sans verrouillage, même si l'on estime généralement qu'un bon accouplement ne peut avoir lieu sans. Il arrive que les chiens s'agitent pendant la saillie et que le mâle pivote, si bien que les deux animaux restent collés par le train postérieur. Lorsque les chiens sont "verrouillés", il faut les tenir ensemble jusqu'au décollement. Le verrouillage prendra fin, de lui-même, et vous ne devez pas essayer d'intervenir pour séparer les partenaires. De plus, laisser jouer les chiens après l'accouplement permet de stimuler la femelle ce qui peut permettre une meilleure montée des spermatozoïdes. Après la saillie, vous devrez patienter plusieurs semaines avant de savoir si votre chienne est gestante on non. Rapprochez vous de votre vétérinaire qui lui, pratiquera une échographie et verra s'il existe des ampoules fœtale.

(Laurence et France)  

 
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